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Saint-Saphorin VD : L’ancien chef des pompiers entretient la flamme altruiste

Dans son caveau de vigneron, véritable petit musée recelant d’innombrables objets liés au Service du feu, Alain Ruchonnet continue à servir la cause de la solidarité. A l’aube de cette nouvelle année, il prône les vertus du cœur.


PASSIONNÉ Le caveau d’Alain Ruchonnet, vigneron de métier, témoigne des trente-trois années qu’il a passées chez les pompiers. «Ces objets racontent pour la plupart une histoire humaine», commente-t-il. Ouverte au public sur demande, sa collection s’enrichit chaque mois. SAINT-SAPHORIN, LE 28 DÉCEMBRE 2007 | CHRIS BLASER

«Je ne suis pas atteint de collectionnite aiguë. La plupart des objets que j’ai réunis ici ont une importante valeur sentimentale à mes yeux. Si, au cours de cette nouvelle année, l’humanité pouvait être davantage tournée vers l’ouverture et l’échange au sens large, je serais comblé.»

Ancien commandant du feu à Rivaz, puis à Saint-Saphorin, Alain Ruchonnet a quitté le Service du feu en 2003 pour raison de santé. Dans le village cher à Gilles, où il habite, son caveau de vigneron-encaveur n’en porte pas moins les stigmates de trente-trois années passées au sein de divers corps de pompiers et des rencontres qui en ont découlé. Pas étonnant, dès lors, que cette caverne d’Ali Baba continue à se remplir, au rythme d’un objet par mois. Le maître des lieux est en mesure d’évaluer l’évolution de sa collection au nombre de casques qui atterrissent dans son sanctuaire: 420 à ce jour. Mais on y trouve aussi des tenues, des insignes, des timbres, des coupures de presse ou encore des outils en tout genre.

«Je suis un peu conservateur, c’est vrai, concède l’intéressé. De plus, dans le monde des pompiers, il y a un idéal commun qui dépasse les frontières, ce qui favorise les échanges à tous points de vue. On n’arrête jamais de servir.» Conséquence: Alain Ruchonnet possède des pièces provenant de cinquante-cinq pays, de l’Afrique du Sud au Mexique en passant par les Philippines, et dont, surtout, il est en mesure de raconter l’histoire: «Un de mes premiers objets m’a été offert par mon adjudant à Rivaz. Il était venu m’aider à déménager à Saint-Saphorin et s’était malencontreusement étalé sur une des nombreuses pentes du village. Il m’a donc offert un casque belge des pompiers de Namur datant de 1937, afin d’avoir une protection, si je devais déménager à nouveau…»

De Rivaz à New York
Dans un coin, un bout de métal d’apparence anodine: «C’est une croix réalisée avec de la ferraille des deux tours du World Center à New York détruites le 11 septembre 2001, répond Alain Ruchonnet. Deux pompiers du bataillon 18 du Bronx, rescapés de l’attentat, me l’ont envoyée récemment. Ils étaient venus dans mon caveau, il y a quelques années, après un passage à Genève où ils avaient été chargés de venir prendre une collecte. Lors de leur passage, je possédais déjà une photographie d’un autre pompier de New York engagé lui aussi le 11 septembre. En l’apercevant, ils m’ont confié qu’ils connaissaient cet homme, décédé le jour même de ces tragiques événements…»

Le vigneron-encaveur ne compte plus les heures passées dans ce lieu, qu’il ouvre à la demande, à faire de la prévention ou à refaire le monde: «Lorsqu’un enfant esquisse un sourire après avoir posé un casque sur sa tête, je suis heureux, confie-t-il. Ici, je ne regarde pas ma montre. Si on prenait davantage le temps de discuter, de nombreux conflits pourraient être évités.»

L’ancien commandant associe d’ailleurs les actes à la parole. Il fait toujours partie des Samaritains de Chexbres et du Sauvetage de Rivaz. Après avoir travaillé comme maître de chien de catastrophe, il est en train d’éduquer un nouveau toutou pour l’Association Pattes Tendues, active dans la thérapie animale.

Source : 24 Heures - CLAUDE BÉDA